Le souffle, c'est la vie. En Inde ancienne Atma, le souffle, est l'Ame du monde. En allemand respirer se dit "atmen". Dans nos langues romanes nous avons "âme, animer, anima". Pour les Chinois le Chi est à la fois le souffle et l'énergie qui circule dans les tissus et les viscères : souffle-énergie vitale. Il en résulte que le soin du souffle est une condition essentielle de la santé.

Or nous voyens bien que beaucoup de personnes respirent mal, trop légèrement, de manière saccadée : c'est la marque spécifique du stress, de l'angoisse et des émotions négatives. La première tâche du relaxologue est d'enseigner la respiration profonde et ample par des exercices appropriés. Mais ce travail se heurte à des résistances inconscientes, enracinées dans l'habitude et la peur. Pour mieux respirer il faut d'abord se sentir en sécurité.

D'où la patience et la régularité : le sujet découvre que dans l'espace aménagé et paisible de la séance de relaxation il peut apprendre à se détendre, à se dégager progressivement des réflexes de peur. Cela demande un certain temps, mais les bénéfices se font sentir au fil de la pratique et renforcent les acquis. Un certain remaniement des habitudes quotidiennes, une attention aux facteurs de stress, une nouvelle hygiène renforceront sensiblement les effets thérapeutiques.

Rappellons ceci : il y a trois niveaux du respir :

la respiration haute, scapulaire (au niveau des épaules), rapide, superficielle, utile pour les activités motrices, mais trop souvent liée au stress. Elle s'accompagne de nervosité, et ne devrait pas être mobilisée en permanence. En temps de repos la personne devrait pouvoir installer une respiration plus calme et plus basse.

la respiration thoracique ; niveau moyen. Elle ventile la zone pulmonaire et cardiaque.  C'est la zone des sentiments et des relations. Parvenir à y créer le calme est déjà un signe positif. La contraction ordinaire de la zone peut se résorber par la pratique, dès lors le sujet se sent comme libéré dans son corps.

la respiration ventrale : c'est celle du nouveau-né, de la grande détente, et du sommeil. Elle assure à celui qui l'utilise dans le cours ordinaire de la vie une grande stabilté émotionnelle et relationnelle. C'est elle que la pratique de la relaxation va renforcer, jusqu'à en faire la respiration habituelle. Le mouvement régulier du souffle opère une sorte de massage tranquille du ventre tout en oxygénant correctement l'ensemble de l'organisme.

Le relaxologue accueillera la personne telle qu'elle est, dans son respir tel qu'il est. Sans brutalité ni volontarisme déplacé il la guidera en douceur vers une meilleure conscience de soi à l'aide d'exercices de respiration adaptés. Le yoga, pratiqué sous sa forme douce, le Chi Gong fournissent nombre de techniques où puiser selon les besoins de la personne. La relaxation proprement dite aura pour objet de détendre les crispations et d'amener un mieux-être, rapidement sensible dans la respiration libérée.

Il n'y a pas de miracle : le corps a une histoire et cette histoiure est inscrite dans sa structure musculaire, tissulaire et nerveuse. Mais on peut aider : non pas prétendre tout changer mais amener un mieux-être qui est déjà un début de libération.